Pour les Footacagoles « dans la tête c’est la victoire »

FOOTBALLSoirée endiablée à François Bordes. Au lendemain d’un match plein de tensions et suspense, l’heure est venue de poser un bilan : « mitigé » diraient les rageux, « inconvenable » pour les perfectionnistes, mais finalement « admirable » pour les vrais.

Une pression, un stress, un enjeu

Warm up et coups de ballon, nos filles sont motivées avant le match. Pour cause, entre Sciences Agro et Sciences Po les antécédents sont lourds : l’ennemi est déjà connu – nombreuses sont les victimes déplorées, à l’exemple : notre digne ancienne capitaine Sabine.

Déterminé, le discours d’introduction précise « ce sera notre victoire, je veux voir des tirs, on peut le gagner les filles ». C’est avec fermeté que Carlotta, au charisme germanique, confronte nos joueuses face à la réalité : elles ont le potentiel, elles ont le talent nécessaire pour atteindre leurs ambitions. Désormais, la balle est dans le camp de notre équipe : le but c’est de marquer.

Un match en deux temps

Temps un : le doute

Une ligne de directive précise, les Cagoles s’élancent. Le sifflet retenti, le jeu s’active. Or, quelques soucis ternissent la situation, l’équipe adverse a recours à des joueuses hors pair, issues de leurs troupeaux, notamment la joueuse « Camel ». Déconcertées, nos filles peinent à faire face à la numéro 11 une fois notre défense infestée.

1… puis 2… 3 ! Bonté divine le ciel tombe sur les têtes de l’équipe. Les buts sont ignobles et injustes. Un sentiment s’empare parmi les supporters à l’issue de cette première mi-temps, c’est le spleen.

« l’Espoir, Vaincu, pleure,

et l’Angoisse atroce, despotique, 

[…] plante son drapeau noir. »

(Charles BAUDELAIRE – Spleen : Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle)

Cette mélancolie funeste n’est que le reflet d’une situation abjecte : les Footas dominent, les capacités (en terme de remplaçantes) sont largement supérieures à celles des filles A-Gros, la possession de balle est noire et l’essentiel du jeu se passe en terrain adverse. Oh rage, oh désespoir !

 Orwell n’avait pas le droit d’imputer son scénario de la ferme des animaux à une équipe pleine de vertus. Force est de constater qu’un tel résultat ne pouvait être une simple défaite dans la frustration. La révolution est lancée, pour cause : « La présence est une puissante déesse. » (W. Goethe ; Torquato Tasso). En effet, c’est à travers Goethe fin expert émérite en footbalistique, que le retournement de la situation s’opère.

Temps deux : la gloire

Positionnement impeccable, vivacité, acharnement : la barre adverse en venait presque à se plier. Canardées, les Agros ne font plus les bécasses, nos joueuses sont de vraies chasseuses :

  • 3-1 : Alice redonne de l’espoir en marquant par reprise de volée après un coup (vraiment très) franc allemand. Joie qui explose indirectement, car, tenues en haleines, supportrices et joueuses observent comment le ballon percute la barre, pour pénétrer dans les filets adverse/ Derrière la ligne franchie ? La frontière est incertaine, mais l’arbitre donne le point aux Cagoles. « lol mais l’arbitre nous aime » seront les propos de la capitaine.

  • 3-2 : Après un corner à nouveau allemand que transforme la compatriote bretonne Morgane de 1A en un but d’une rayonnante splendeur.

Mais malheur : la « 11 achetée en face qui […] a tout cassé » pousse son score personnel à un 4ème but par un coup franc bien violent, que Juliette, capitaine de l’ambiance, ne pouvait arrêter au risque de rejoindre la fine équipe de bras cassés des Cagoles (les blessures sont d’une variété folle : le foot c’est pas pour les fragiles).

Le jeu devint serré, mais aucune fatalité, « Alea jacta est » c’est une expression pour les défaitistes. Car tout vient à point à qui sait attendre.

  • 4-3: par un penalty carlottien à une dizaine de minutes de la fin.

Le terrain est sous loi martiale, rien n’est laissé à la douceur et l’oisiveté. Rythmé, saccadé, essoufflé, le match se joue pour l’égalité à défaut de la victoire. L’équipe est soudée, les passes sont nombreuses « personne ne s’arrêtait dans son élan après les passes » comme le souligna Coach Michie.

Peine qui ne sera pas récompensée et même plutôt dénigrée de manière infâme avec un 5ème but de la n°11, les hormones de cheval sont vraiment trop puissantes à Sciences Agro. But marqué, coup de sifflet le match est terminé (5-3 pour Sciences Agro).

A chaque jour suffit sa peine 

Les Footacagoles ne vivent pas ce match comme une défaite, mais comme une expérience riche et intense en émotion. C’est un bilan triplement positif : le potentiel fut exploité à fond, l’investissement fut vigoureux et l’honneur sauvé. Face à de telles performances, notre équipe est digne de recevoir ces paroles d’opéra italien :

« Laisse le [ foot] t’inspirer une harmonie

Qui nous donne la force d’endurer nos souffrances ! »

(Verdi «Choeur des esclaves Hébreux» dans Nabucco)

GL

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