La journée de la Cagole

FOOT- 8 mars 2018, comme chaque jeudi ou presque François Bordes est conquis par le talent footballistique de nos Footacagoles les “bonnasses du football”. Cette journée devait laisser place à 2 affrontements: contre STAPS et contre Mandarina, l’équipe 2 d’INP. Mais STAPS n’osèrent même pas pointer le bout de leurs crampons.

Nos cagoles durent se contenter du seul labeur d’affronter les demoiselles autant chargées en humour qu’en talent des Mandarinas. Nous noterons que le “secret de l’équipe c’est Charlotte, c’est le pépin de la Mandarina”. Quoiqu’il en soit l’occasion offrît     la possibilité d’écrire sur un match riche en émotion et en vitamine offre et de réfléchir plus profondément à la question: qu’est-ce qu’être une Footacagole?

 

Les Footacagoles: le fruit d’une évolution historique

Cette question est centrale, en effet, pour comprendre les dynamiques de l’équipe. Car c’est comprendre la dualité de nos joueuses – à la fois cagoles – et à la fois footeuses. La recherche au sujet du phénomène Cagole passionne. D’après le reportage “La cagole” de Karambolage “La cagole c’est avant tout un look” – on note les crampons, les protèges tibias et SURTOUT les maillots. L’origine du concept est un grand débat, pour certains il serait issu du provençale de “cagoulo”, soit le tablier d’usine d’empaquetage de date, travail mal payé menant à la prostitution des ouvrières. Pour d’autres le terme viendrait de “caga” signifiant “déféquer”, ce qui laisserait au terme de “cagole” le sens de “chieuse”. C’est un terme certes péjoratif, mais par lui “c’est une femme libre et généreuse, qui ne se laisse pas marcher sur les pieds” qui est décrite.

 

Des mot durs pour des femmes fortes

Ce premier aspect “cagole” des Footacagoles a profondément marqué la première mi-temps contre les Mandarina’s comme le témoigna la réaction du Coach Michael. Cette première mi-temps est de la “crotte”. Des petits problèmes avec les règles de base du foot furent relevées (NB: si les Handalouses cherchent de nouvelles joueuses les footeuses semblent un réel potentiel en terme de jeu avec les mains). Mais c’est surtout un problème d’équipe auquel sont confrontées les footeuses: l’absence de communication. Pourtant “Vous êtes des filles géniales, vous êtes un super groupe mais pourquoi vous ne vous parlez pas?!” s’exaspère le coach.. Cet agacement était sans précédent, à tel point que la menace ultime sorti “Si on perd je ne reviens plus”. Il faut le comprendre, le potentiel de l’équipe est incontestable, loin d’être blondes – pour suivre le cliché machiste – nos miss sont loin d’être stupides “Réfléchissez vous êtes à sciences po. Le foot c’est simple: on joue on prend la balle on passe. Il faut jouer en passe, ça m’énerve, si on perd ce soir c’est fini.”

Ces remarques ne tombèrent pas dans les oreilles de sourdes. Elles firent même appel à la deuxième face de l’identité de notre équipe de foot féminin favorite: leur côté “footeuses”. Ce lien entre Foot et Femme issu d’une longue histoire…

Instant culture G et retour sur l’origine du foot féminin

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Les Dick Kerr Ladies

Arrivé à la fin du 19ème siècle en France pour les hommes, le football devint un moyen de divertissement à partir de l’automne 1917 pour les femmes. Son essor s’inscrivait dans une période où l’activité sportive était un moyen afin de “construire une « race forte », et de préjugés momentanément plus favorables aux femmes dans le contexte de guerre.” (Laurence Prudhomme-Poncet)

C’est une évolution un peu chaotique, qu’a connu la discipline à travers le monde entier: entre interdiction officielle pour les fédérations féminines d’Angleterre (de 1921 à 1971) le foot étant  “unsuitable for women”. En France la situation n’était guère meilleure, paradoxalement le foot féminin connaissait plus d’adversaire à l’extérieur des terrains que d’équipes, en 1925 pour Gabriel Hanot – footballeur international français, journaliste et sélectionneur de l’équipe de France – “Le jeu ne vaut rien”. Les oppositions prenant place au sein d’un contexte historique bien particulier, menèrent en 1932 à la radiation officielle du football sur la liste des sports soutenus par la Fédération des sociétés féminines sportives France, qui pourtant dès sa fondation en 1918 avait soutenu les footeuses…

 

Et à Sciences Po qu’en fut-il?

Pour tenter d’obtenir quelques réponses à ce sujet, il fut nécessaire de revenir à la source, au pilier de l’AS, au fondateur de tant d’équipes : Monsieur Joël Monlezun. La date d’anniversaire n’est pas exactement, mais c’est depuis au moins 15 ans que les ancêtres des Footacagoles existent: “Je n’ai plus de date exacte… mais cela fait plus de 15ans.. l’activité a explosé, dès que j’ai mis en place un enseignant.. J’suivi la même démarche pour le rugby féminin..”

Les Foota’s en force

Ce succès du Foot féminin n’étonne aucunement quand on a l’audace d’aller observer nos Footas’ car oui, derrière ce caractère envoûtant de la Cagole se cachent de vrais talents sportifs. Et en témoigne à la deuxième mi-temps de ce jeudi 8 mars 2018 qui mena à une victoire: 4-2!

  1. But numero uno: un but à rebond. Du jamais vu chez les gars, Marion attaquante tire afin de marquer, mais hélas le ballon se heurte à une Mandarina. Agacée après un match qui n’avance pas elle se retourne et ne continue pas l’action. Mais comme le foot est un sport d’équipe, c’est Juliette qui a tout allure arrive depuis la défense pour retirer dans ce ballon si violemment stoppé par le corps de l’adversaire. Le ballon repart en direction du but, se cogne à une paire de tibias orange, arrive entre les pieds d’une autre adversaire pour finalement, de par cette trajectoire pleine de rebonds, atterrir dans le but tout gentillement.
  2. But numero dos: Marion arrive enfin à le mettre directement. La frustration en devient moindre, mais l’envie de gagner perdure. Cependant cette action est vite suivie d’un changement dans les rangs tant en défense, qu’au milieu et en attaque.. Cette nouvelle configuration laisse une faille dans la défense des Cagoles et la gardienne Marie ne parvient pas à l’arrêter alors qu’elle était bien placée et attentive à la situation. Mais sa persévérance lui permit quelques minutes plus tard d’effectuer un arrêt limitant le score faible en vitamine. Mais surtout de faire la différence avec son alter ego orange, qui peinait à comprendre que NON on ne peut pas prendre le ballon partout sur le terrain.
  3. But numero très: Petite tête. Suivant de peu un beau tire manqué d’Ariana, un corner bien centré survint. Rien de mieux ne pouvait arriver pour que Oksana, vivace tende le coup avec une force et précision pour faire siffler les filets et accabler la gardienne. Cette insolence ne laissa pas les Mandarinas sur leur fin (ou plutôt faim?), qui révoltées s’en allèrent faire une peine certaine à notre chère gardienne Marie.
  4. But numero quatro: Carlotta dans sa fonction de capitaine vint rectifier le tire. Il était tout bonnement hors de question de s’arrêter au score de 3-2, qui ne permettait pas de distinguer les niveaux des deux équipes sur le papier. Une petite faute manquée des oranges et paf, depuis le centre un petit direct des familles éleva le score final à 4-2 et combla toute l’équipe.

 

Le progrès, ce fruit de l’union

Le bilan de ce match fut mitigé, à l’image finalement de cette profonde ambiguïté inhérente aux Footacagoles. Mais ces femmes de caractère chaussées de crampons sont tout ce qu’il y a de plus attachant. Le coach lui même dû l’admettre, en reconnaissant être désolé pour sa dureté lors de la mi-temps, mais ce “4-2 est vraiment bien mérité”. Etrangement c’est “ un match dont on ne peut pas être super fières mais au moins on a gagné”. Cette appréhension est cependant à relativiser, car le principal dans toute cette histoire étant d’avoir rectifier les erreurs de la première mi-temps – ce fut le cas, il y avait des appels de balle – et surtout que toutes les questions se posent avec le CRIT: “Pourquoi on n’est pas à fond?!”

 

Conclusion: même les matchs les “plus nuls” permettent d’en tirer le meilleur, et sur cette lignée il n’y a aucun doute: au CRIT c’est la finale qui les attend!

 

G.L.

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