MATCH CONCUPISCENT

Il est temps de parler d’un sujet qui nous touchent tous et toutes, et qui n’est pas Harvey Weinstein (#leconsentementc’estimportant) : le début du championnat universitaire, moment de rassemblement sportif et passionné…

En cette froide soirée de novembre, l’atmosphère était pourtant bien réchauffée à François Bordes. Notre équipe de facho-démocrates préférée, le Spartak, a affronté vaillamment l’équipe de l’ISIC. Les supporters étaient aussi nombreux que les cheveux sur le crâne d’Alain Juppé. Tandis que certains dégustaient des petits fours à l’occasion des 70 ans de notre chère et tendre école, nos sportifs se sont démenés. Sur le stade, des hommes majeurs et consentants ont commencé les festivités. De magnifiques jeu de jambes s’effectuent sous nos yeux ébahis, tel un ballet, la douceur en moins. En effet, de nombreux tacles de l’équipe adverse ont vite fait de donner la couleur. Certains sont heureusement sanctionnés par un arbitre particulièrement compétent cette soirée-là. Car oui, le foot ça paraît simple, mais c’est comme le sexe, ça a ses règles : tenter une approche physique sans mauvaise intention (si ce n’est récupérer le ballon) oui, imposer sa présence dans l’espace vital d’autrui, je dis non !

Arrivés sur le terrain, les cris des capitaines et supporters ne manquent pas de nous déstabiliser : « tout le monde se met dedans », « plus vite », « plus fort », « à poil », « enlève ta capote » (oui oui je vous assure), on se sent soudain tel un intrus qui a ouvert la mauvaise porte et s’est accidentellement retrouvé face à un gangbang de 22 personnes. Vous vous sentez de trop, tel un voyeur lubrique avec son appareil photo prenant des notes. Cependant, cette supposition peu catholique permettrait d’expliquer bon nombres d’évènements de ce match : les trous manqués, les corps transpirant qui s’entremêlent, les ballons qui volent, les fringues aussi, tout semble soudainement prendre sens. Comme dans une sextape collective chacun occupe un rôle différent : ceux qui sont sur tous les fronts, ceux qui hurlent, ceux qui ont un seul objectif, le but. Enfin, on pense comprendre ce qui se déroule sous nos yeux !

Et ce, jusqu’à la fameuse phrase, « mettez-y plus de têtes ». L’image dégoûte (chacun ses pratiques, pas de jugement chez le LSD), le désenchantement resurgit et nous plonge enfin au cœur de la véritable action : un combat sportif de toute beauté, une joute footballesque où chaque joueur met son honneur en jeu. Ce match se termine sur une défaite de notre équipe, à 4-3 pour l’ISIC. Félicitons quand même les trois joueurs qui ont ouvert et clôt les buts marqués : Othman (et non Hotman) dès la 1ère min de jeu, Léonard qui a permis d’égaliser juste avant la mi-temps, et Samy coup final 5min avant la fin, sauvant l’honneur des Spartak.

Le match fut rude, les adversaires particulièrement offensifs. Les Spartiates et le Spartak Moscow réunis n’auraient pas fait mieux, nous pouvons applaudir généreusement leurs illustres descendants. Ahouu…

 

M.S. Jr

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