Le Spartaks et la philosophie de la place Fernand Lafargue

Le manteau au vent, je me tiens devant le grand bâtiment gris sur lequel les mots « Ahou », « Excellence » et « Nike » ont été apposés en lettre d’or. Une grande porte en bois de hêtre me fait face, close, imposante. Depuis la rencontre avec le Torpedo, je meurs d’impatience de rencontrer cette seconde organisation qui crée tant de rivalité dans le milieu du foot. Je n’ai pas besoin de toquer : un pas vers l’entrée et un bip sonore retenti, me laissant pénétrer dans la bâtisse. Je passe devant un concierge, lui montre ma carte de presse du LSD et suit la direction qu’il m’indique : troisième étage, porte B23. Je m’engage dans l’escalier en colimaçon.

Je toque à la porte du bureau.
-Entrez, dit une voix.
Je pousse la porte et me retrouve face à face deux jeunes hommes complètement habillés en Nike. L’un d’eux, un grand brun assis derrière une plaque dorée indiquant « Alexis Debote », me fait signe de m’assoir. Je reconnais son collègue : Aubin Saumitou. A eux deux, ils dirigent le Spartak, l’équipe de football rivale du Torpedo.
-Je serai bref, dis-je. Commençons. Si vous deviez définir l’esprit de l’équipe, que diriez-vous ?
Aubin parle en premier :
-On est la seconde équipe de l’IEP, en ce sens on joue pour gagner, bien qu’on soit moins stressés que les Gros Rondins.
-Tout à fait, reprend Alexis, on est actuellement troisième sur six en championnat universitaire. Il y a deux ans, on avait réussi à tout remporter dans la compétition. Et en termes de stratégie, ça nous arrive d’essayer de voler des joueurs aux Gros Rondins.
-Comment se compose votre équipe ? J’ai cru comprendre que le Torpedo comprenait beaucoup d’Erasmus.
-Ce n’est pas notre cas ; nous avons un bon nombre d’allemands issus de la FIFA mais pas vraiment d’Erasmus.
-La rumeur dit que vous comptez dans vos rangs une majorité de blessés, est-ce vrai ?
-Non, pas une majorité, mais c’est vrai qu’on en a un nombre considérable : sur vingt-deux joueurs, on compte huit estropiés, dont nous deux. Ce qui fait qu’on est capitaines mais qu’on ne joue pas trop.
-Et si vous deviez définir votre philosophie ?
-Elle se résume à celle du film « 300 » : un bon cri de guerre, et certains chez nous vous donnent rendez-vous place Fernand Lafargue si vous aimez la bagarre.
-Bien, peut-être que je ne publierai pas cette dernière remarque. Je vous remercie.

Je me lève de ma chaise et repars vers l’escalier, laissant derrière moi les deux hommes en Nike. Au moment de sortir, j’aperçois un trophée plus gros que les autres qui trône sur une étagère. Plaqué or, il rappelle les heures de gloire de l’équipe, en arborant fièrement la gravure : Spartak 4 – Torpedo 0.

AB

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