FC Gros Rondins : histoire d’une équipe en pleine conquête de l’Empire du succès

14 février 2019 : je me tiens devant un imposant bâtiment administratif sur lequel pendent de grandes bannières où est brodé un bucheron à la chemise à carreau. Après l’interview du dissident Torpedo et celle de la milice du Spartak, me voilà arrivé à mon troisième et dernier entretien : celui des Gros Rondins. Je passe devant plusieurs gardes en uniforme en montrant ma carte de presse du LSD et passe un contrôle de sécurité total : sac, poches, la totale. Un gradé me conduit dans une salle d’attente, faisant face à une porte massive en chêne. J’attends plusieurs heures, l’adjoint des GR venant régulièrement me faire savoir que « les chefs » seront bientôt là et que je n’ai qu’à patienter un peu.


Après une attente interminable, la porte en chêne s’ouvre et un énième garde me fait assoir devant à une table ronde et immense : une réunion se termine et plusieurs hommes en costume quittent la pièce. Seuls deux d’entre eux restent ; je les reconnais, les ayant déjà vu dans les journaux.
Le premier est Pierre-Alexandre Péraldi, dit « Bébou » (le LSD n’est pas autorisé à divulguer l’origine de ce nom, ce dernier faisant allusion à élément confidentiel de la carrière de M. Péraldi). Il arbore un grand manteau de fourrure et un chapeau en cuir est posé devant lui sur la table. Le second est Arthur Weidenhaum, dit « le transdimentionnel » : la légende raconte qu’il graviterait entre sa 2A et sa 4A à Sciences Po Bordeaux.
Nous commençons l’entretien.

-Si vous deviez décrire en trois mots les Gros Rondins, que diriez-vous ?
Arthur prend la parole :
-Clairement, ce serait « guerriers » et « républicains » parce que ça va de soi, mais aussi « fossé générationnel ». L’équipe comporte sept 1A et sept 5A ; le renouveau est en marche.
-Et qu’est-ce que cela crée comme ambiance ?
Pierre Alexandre lance :
Nous savons que notre réputation ne nous fait pas honneur : il paraitrait que seule la victoire nous motive et que l’ambiance est mauvaise, mais le fait est que ce ne sont que ceux qui perdent qui répandent ces rumeurs. On s’entraine rudement et c’est comme ça que l’on prend du plaisir.
Il jette un regard vers un trophée trônant non loin de lui : « 0 Spartak – Gros Rondins 6 » est gravé dessus.
-D’autant qu’on se met des races équivalentes à celles du Torpedo, mais ça personne n’en parle, reprend Arthur. Allez demander au gérant du Paradise l’état dans lequel on a laissé son restau.
Les deux joueurs s’esclaffent.
-Et quel est le profil des joueurs qui composent l’équipe ?
-On entretient un lien étroit avec l’Allemagne, du fait des nombreux FIFA qui jouent avec nous. Sinon, on a deux FIFI, un FIFE et un suédois-finlandais.
A ce moment-ci, la porte derrière moi s’ouvre : un gradé en uniforme entre.
-Désolé du retard ; qu’est-ce que j’ai loupé ?
-Le début de l’interview du LSD, dit Pierre Alexandre. Voici le soldat Guilhem De Seze : un de nos plus fervents joueurs.
Après que Guilhem se soit assis, nous reprenons :
-En terme de championnat universitaire, où vous situez vous ?
-On est une des deux meilleures équipes universitaires de Nouvelle Aquitaine. Cela est dû au fait qu’on a tous déjà joué en club avant Sciences Po Bordeaux, explique Guilhem.
Pierre-Alexandre continue :
-Sur tous les matchs de cette saison, on les a tous gagné. Sauf un a posé problème : on s’est retrouvé en final face à l’équipe de Kedje qui nous avait battus dans le passé. De ce fait, la fédé’ a décidé qu’on ne jouerait pas le match et que Kedje était désigné vainqueur d’office.
L’ambiance se fait morne, avant qu’Arthur ne rajoute :
-Mais nos joueurs restent les meilleurs : il y a peu, on a envoyé trois de nos joueurs chez le Spartak, et ça leur a permis de gagner haut la main. On sait que nos joueurs ont mis des doublés, donc on reste très fiers de l’équipe.
-Très bien. Concernant l’année 2019, quelles nouveautés y a-t-il eu ?
-Beaucoup de choses. Cette année a vraiment marqué un cap dans la qualification, est c’est dû à plusieurs choses. D’abord, on est deux capitaines alors qu’on en avait qu’un seul les autres années, et alors que 2019 était censée marquer la transition, ça se passe vraiment bien. On a rajouté un entrainement par semaine, et les résultats ont suivi.
-Sinon, lance Guilhem, ça fait maintenant un an que Pierre-Alexandre entretient un partenariat proche avec les Footas’, et on l’en félicite.
-Ensuite, on a changé de sponsor, ce qui fait qu’on ne paye plus les équipements. C’est le sponsor de Sciences Po Bordeaux. C’est pas Nike mais sur ce point-là, on est un peu comme Gryffondor : avec notre équipement gratuit, on gagne face à Serpentard et à ses Nimbus 2001 payés par Lucius Malfoy.
-Et quelles sont vos ambitions pour le Crit ? demandai-je.
-On pense sérieusement pouvoir gagner, dit Arthur. On sait que Grenoble et Paris ne seront pas faciles à vaincre, mais on a réellement foi en les Gros Rondins.
-D’accord. Pour finir, si vous deviez comparer les GR à un plat, un film… ce qui vous vient, qu’est-ce que ce serait ?
Les trois joueurs prennent un temps de réflexion ; Pierre Alexandre se lance :
-Sans doute Les Tuches 3, parce qu’on finit président en fin de compte.
-Je dirais les pâtes carbos’ de la Rethondes, parce que c’est simple, bon et toujours bouillant, dit Arthur.
-Bien, merci à vous trois, j’en ai terminé.
-Avant que tu partes, dit Guilhem, je voudrais juste faire une dédicace à Gaspar et à son talent pour le tennis ballon en mode poisson à 3h du matin.

Je sors du bâtiment, et les portes se referment lourdement derrière moi.

AB

You May Also Like

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *