Le PSG a été racheté par Thucydide

Ce titre ne vous laisse pas indifférent. En effet, c’est peut-être l’élixir de tout bon journaliste que je viens de vous dévoiler, un « scoop » selon lequel un milliardaire grec rachète le club de football de la capitale française. Mais il n’en est rien. C’est seulement un historien grec né quatre siècles avant Jésus-Christ qui pensait que l’histoire n’était qu’un perpétuel recommencement. C’est le sentiment que j’ai en étant un supporter du PSG.

Lors de cette saison 2018-2019, le nouvel entraineur allemand Thomas Tuchel à la tête du club avait pour mission de redonner du prestige à l’institution parisienne. En huitièmes de finales du graal, la Ligue des Champions, qui rassemble les meilleurs clubs européens, l’histoire commençait bien. Mais le PSG a une particularité bien à lui : le club s’effondre lorsque tout va pour le mieux. En position idéale après leur victoire sur la pelouse de Manchester United (2-0), les Parisiens se sont inclinés sur le score de 3 à 1 au Parc des Princes au cours d’un match rempli d’erreurs défensives dont les mots me manquent pour les qualifier. Le jeune allemand Kehrer faillit dès la deuxième minute et la légende Buffon fait une offrande à Lukaku sur une mauvaise interception. Le revers n’étant pas assez important, le ciel s’est effondré sur l’équipe quand, à la 94ème minute, l’arbitre siffle un pénalty pour une main du défenseur français Kimpembé. Paris est éliminé, une nouvelle fois. Le lendemain, les journaux « titrent » sur l’ambulance en évoquant la risée que représente ce club.

Mais ce n’est pas de l’acharnement ni même de la mauvaise foi. Avouons que chaque saison, le PSG a le potentiel de remporter cette compétition mais l’incompréhension prend toujours le pas. Deux ans après l’épisode de la « remontada » où le Paris Saint-Germain de Unaï Emery avait vaincu le grand Barcelone sur le score de 4-0 à l’issu d’un match mythique, il s’était incliné 6 à 1 au Camp Nou et avait ainsi perdu sa qualification, le club revit un « comeback » cette fois-ci. Dans les deux matches que je viens de vous résumer, selon les statistiques, Paris avait 100% de chance de se qualifier. Il faut croire qu’être favori fait peur, qu’assumer son rôle de premier est une charge trop lourde sur le plan émotionnel pour les joueurs. Émotionnel, car en termes de niveau de jeu, le PSG est meilleur que ses adversaires.

Alors, depuis 2012, l’histoire se répète. Les années passent, les joueurs vieillissent, les dirigeants s’impatientent, les supporters sont humiliés. Ces multiples déceptions, toujours plus grandes, soulignent l’importance de la psychologie dans le sport. Après un échec répété, la psychose se forme. La confiance est perdue, même si l’équipe domine. Le besoin de se rattraper nous pousse à faire mieux et ainsi augmente la pression sur les joueurs. Puis l’incompréhensible prend le pas et ne semble admettre aucune limite. Comment expliquer qu’une légende, un exemple, une icône comme Gianluigi Buffon puisse commettre ce que nous appelons communément une « boulette » ? Comment expliquer que le prodige Mbappé puisse rater ses 1 contre 1 contre le gardien à 3 reprises ? Comment expliquer qu’à une minute d’une qualification possible, le défenseur champion du monde commette une main amenant le pénalty ? Aucune réponse ne peut être admise, seulement il existe une psychose désormais en Ligue des Champions. Cette psychose devra être dépassée car les investisseurs attendent les résultats qui peinent à se montrer. En effet, depuis 2011, les Qataris ont dépensé 1,5 milliards d’euros pour le club parisien, dont 850 millions pour les seuls mercatos. Un montant pharaonique, qui ne leur a jamais permis de dépasser les quarts de finale de Ligue des Champions. Cependant, le PSG n’est pas le seul dans ce cas de figure et s’atteler à détruire un club qui annonce des ambitions hautes mais qui n’y parvient n’est pas digne de la compréhension sportive dont doit faire preuve un journaliste sportif. Chelsea et Manchester City connaissent finalement le même sort. Preuve est que, l’argent n’achète pas tout dans le sport. Heureusement.

Le mental, la dimension psychologique est sûrement ce qui rend le sport si haletant et passionnant, mais je vous en prie, libérez le Paris Saint-Germain pour que la ville lumière éclaire le football européen.

AB

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